Il jette l'ancre au Reial club Nàutic de Barcelona

 

Daniel Brin


Depuis un peu plus d'un an, Daniel mitonne ses petits plats au cœur de la capitale catalane. Tout d'abord à la maison du Languedoc-Roussillon, et depuis le 15 octobre de cette année au cœur du très select Club nautique de Barcelone. L'occasion pour nous de titiller nos papilles gustatives et de dresser autour d'une table, un premier bilan barcelonais.


La semaine: Comment vous êtes vous retrouvé à Barcelone?

A un moment de ma carrière, j'avais un peu l'impression de tourner en rond à Perpignan. J'avais eu l'occasion de goûter à la gastronomie sud-catalane. «El Celler de Can Roca, «El Bulli ». Puis Eliane Comelade m'a présenté Santi Santamaria du « Raco de can Fabes». Un des plus grands cuisiniers au monde, j'ai pu apprécier sa simplicité, sa disponibilité. Un trois étoiles au Michelin aussi disponible. j'ai eu envie de tenter une expérience en Catalogne sud. J'ai commencé par officier à la maison de Languedoc-Roussillon. Depuis le 15 octobre je travaille au port, au club nautique.

Quelles sont vos premières impressions ?
Il s'agit d'une très vieille maison barcelonaise qui cherchait à rajeunir une image un peu trop conventionnelle, sélecte, privée. Un endroit très particulier où se côtoient la famille royale, des banquiers, les décideurs du monde économique et politique. L'enjeu est de taille. Un challenge passionnant et une entrée dans un monde a priori fermé. Mais l'ambiance reste particulièrement chaleureuse.

Vous ressentez les effets de la crise ?
Sur Barcelone oui, c'est un peu la panique. Les gens n'ont pas l'habitude. C'est une vraie nouveauté. Au restaurant nous ne ressentons rien de particulier. Le secteur de luxe ne semble pas vraiment touché. L'argent continue de circuler.

Quelles sont vos influences ?

Bien sûr on ne peut nier l'influence de Joël Robuchon mais je suis plus influencé par Pacaud de l'Ambroisie, Alain Ducasse. En Catalogne sud, les frères Roca et Santi Santamaria. Je ne suis pas un révolutionnaire, un chimiste de la cuisine, j 'apprécie une certaine cuisine traditionnelle de haute voltige. Mais encore une fois ce que j'apprécie ici, c'est la simplicité. Si vous allez déjeuner au Bulli, vous verrez Ferran Adria au bar à la sortie de restaurant. Toujours sympathique accessible, jamais la grosse tête. Pour rester gastronomique pas le melon.

L'intégration se passe bien ?

J'observe, j'écoute. Mais nous sommes très appréciés ici dans le domaine gastronomique. Je crois sincèrement que les Perpignanais ont une carte à jouer ici. De la même façon les gens du Sud lorsqu'ils découvrent ou redécouvrent la partie nord de la Catalogne sont pleins d'enthousiasme. Je connais un grand poissonnier sur la diagonale qui rêve d'habiter à Céret.

Le bilan est globa1ement positif ?
Plus que positif depuis un an et quatre mois, je ne regrette rien. On travaille plus ici et mieux, un esprit collègue de travail, on se retrouve. le facteur humain est très important. Et puis le salaire est net, l'imposition est prélevée à la source, on n'a pas à se soucier des impôts. Les horaires sont agréables

Où aimeriez-vous. habiter ?

Pour le moment je réside dans le quartier clos, à proximité de la Sagrada Familia. J'aimerais habiter dans le Born, le quartier des créateurs. Quoi qu'il arrive ce qui est formidable à Barcelone, c'est que l'on a toujours la possibilité de rebondir. Toutes les possibilités sont offertes.

Article de La Semaine du Roussillon du 12 février 2009 Texte et photo Hugues Argence



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