Rodolf FAURIA-GORT

Né à Almacelles (dans la province de Lerida) le 9 décembre 1934, il est le plus jeune des peintres de l’exil espagnol à Toulouse. Alors que son père est interné dans les camps du midi, Rodolf Fauria-Gort et sa mère sont recueillis dans un camp réservé aux mères avec enfants dans la Loire et rapatriés à Almacelles. Ce n’est qu’en 1946 que le père réussit à ramener sa famille auprès de lui. Le jeune Fauria-Gort vit alors à Toulon où il suit les cours de l’Ecole des beaux-arts.

Installé à Toulouse en 1950, Rodolphe apprend le métier de tailleur. Au début des années 1970, il rencontre le peintre Hilarion Brugarolas, lui aussi exilé à Toulouse. Ce dernier l’accueille régulièrement dans son atelier et l’aide à trouver une expression artistique personnelle. En 1974, Fauria-Gort expose pour la première fois à Toulouse à la galerie Dialogue, il devient, en 1978, un des artistes permanents de la galerie d’Antonio Alos. Brugarolas, Fauria-Gort et Max Wallet – qui dirige une galerie au Boulou – forment le groupe Orion et réalisent des expositions en commun, de 1976 jusqu’au début des années quatre-vingt. En 1978, le peintre figure parmi les animateurs de l’hommage rendu par la ville de Toulouse au violoncelliste Pau Casals

Les sujets de prédilection de ce peintre sont les paysages. La campagne vallonnée du piemont pyrénéen, dans les environs d’Almacelles y occupe une place privilégiée. Cependant l’artiste aime aussi représenter le canal, dans la banlieue nord de Toulouse, ou les villages de la côte bretonne. Fauria-Gort montre la nature, dans une harmonie de couleurs chaudes : jaunes dorés, orangés, bruns-rouges, que tempèrent des verts et de bleus. La palette semble s’enrichir et s’affiner au fil des années. Il est curieux de constater que les couleurs dominantes de ces toiles sont celles dans lesquelles Dali inscrit certaines de ses compositions oniriques dans les années trente. Dans ses peintures récentes, l’artiste abandonne peu à peu la représentation des détails, ces tableaux qui ne perdent rien de leur aspect figuratif, se présentent de plus en plus comme des assemblages de plages colorées qui donnent à la composition une grande sérénité. La peinture est appliquée sans épaisseur, dans une succession de couches minces recouvertes d’un glacis qui confère à l’ensemble toute sa finesse.

Fauria-Gort n’est pas seulement un peintre paysagiste, il conserve en effet chez lui des peintures des années soixante-dix qui représentent les manifestations organisées alors à Toulouse chaque fois que la répression sévissait contre les antifranquistes en Espagne. La guerre, le terrorisme sont également des sujets d’actualité qui interpellent cet artiste.
Dans la peinture de Fauria-Gort, comme dans celle de Brugarolas, l’omniprésence des paysages semble relever de la quête d’un « paradis perdu ». Ne sont-ils pas les paysages de l’enfance des artistes, souvenirs d’une sérénité, d’une vie paisible et des espoirs brisés par la guerre ?

Depuis le début des années 2000, Fauria-Gort, participe à de nombreuses expositions collectives en Espagne. En 2005, une présentation monographique de ces œuvres a été organisée à Madrid, sous la direction de l’historienne de l’art et critique Violeta Izquierdo.

Liens:
Artenea

La Tailleuse de Pierres

Retour Récipiendaires du Titre Jaume 1 er

Retour Membres à l'Honneur

Retour Artistes

   
Copyright © 2004-2010 Association des Cadres Catalans de Toulouse