L'Union se fait au Sud *



José Montilla, président de la Généralitat de Catalogne, Francesc Antich, président des Iles Baléares, Joseph Borell, ancien président du Parlement européen et Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées. Photo DDM, Mauro Bottaro.

 

Pour le profane, l'Eurorégion pourrait n'être qu'une strate administrative de plus dans l'imbroglio des différentes échelles administratives. Pour Martin Malvy, président du conseil régional et ceux qui ont œuvré avec lui à cette création, il s'agit d'un outil indispensable pour faire vivre cette zone « Pyrénées Méditerranée » au cœur de tous les échanges. Grâce à un cadre juridique enfin définitivement bien posé depuis la semaine dernière, Midi-Pyrénées trouve toute la place qui est la sienne dans un dispositif conjoint avec Languedoc-Roussillon, Catalogne et Baléares.

Martin Malvy, qui fut le premier président de l'Eurorégion et un de ses promoteurs historiques, souligne tous les enjeux de cette communauté : « Si les frontières n'existent plus, dit-il, la montagne est encore là. C'est pour cela qu'il faut compter notre Eurorégion comme un des poids lourds en Europe avec 13 millions d'habitants, 14 % du produit intérieur brut de la France et de l'Espagne réunies et un potentiel de 500 000 étudiants. Dans ce cadre, les actions sont déjà en œuvre : une charte pour la recherche à travers le réseau université/emploi, un portail culturel commun qui a déjà soutenu 21 projets, des assises de la vie associative ou de la qualité alimentaire ».

L'Eurorégion s'est dotée d'un secrétariat général à Barcelone et d'une direction à Toulouse. « Le dispositif est en place » ajoute encore Martin Malvy qui estime que « de la régionalisation en Europe peut naître le meilleur. J'espère que le gouvernement français sera conscient de ces enjeux au moment où il décidera de la réforme des institutions décentralisées. Les régions françaises sont trop faibles par rapport à leurs partenaires européens ».

« Regardons davantage vers Bruxelles», a-t-il lancé enfin à ses homologues présidents des autres régions.

La création de ce GETC (groupement européen de coopération territoriale) permettra de répondre aux attentes de la société civile et de donner un cadre juridique à cette Europe des régions qui peine à se construire (seuls précédents l'union franco-belge Lille-Tournai, celle entre Slovaquie et Hongrie et entre Galice et Portugal).

Concrètement, un pas en avant a été accompli avec une zone d'importance qui regroupe 4 régions essentielles en Europe.

Article La Dépêche du 9/12/2008

* Titre de La Dépêche

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